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TOP 3 des croyances éducatives à déconstruire


Dans cet article, vous allez découvrir le monde des croyances, des pensées, qui se sont plantées en nous – sans notre consentement – et jalonnent notre vie de parent, d'éducateur ou d'enseignant, nous coupant de beaucoup de bien-être, de joie, de simplicité au quotidien.


Vous avez probablement remarqué comme on se parle à soi-même, surtout lorsqu'on est fatigués, comme on se juge et comme on se monte la tête, parfois pour un rien.


  • "JE devrais en être capable, quel.le imbécile"

  • "Qui va ENCORE devoir nettoyer la salle de bain ?"

  • "QUOI ? Il est ENCORE sur les jeux-vidéos ?"

  • "Comment a-t-il pu poser ses chaussures ICI ?"


Combien de telles pensées avons-nous chaque jour ? Des milliers sûrement. Certaines nous poussent vers l'avant et d'autres nous crispent, certaines passent inaperçues et d'autres nous font cogiter des heures. Le fait est que, la plupart du temps, ces pensées nous coupent du réel.


Depuis que je côtoie des enfants quotidiennement (comme beau-père, auxiliaire de vie scolaire, animateur, éducateur, baby-sitter) j'ai appris à relativiser beaucoup de situations qui, au départ de ma carrière en 2019, me faisaient sortir de moi. Malgré tout, il reste encore certains moment extrêmement difficile, comme les fois où je vois que mon matériel est cassé ou abimé – et surtout lorsque je réalise que personne ne m'a prévenu. Dans ces moments, il y a une sorte de mantra qui tourne dans ma tête : "Moi qui suis si bienveillant, comment pourraient-ils croire que je vais les gronder ?". Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette croyance que je suis un "mec bienveillant" alimente ma colère, et si je n'en prends pas conscience, je vais perdre mon contrôle et finir par gronder. Sympa, non ?


Alors, commençons ce voyage dans le monde des croyances qui, selon mes observations quotidiennes, détériorent les relations parents-enfants.


CROYANCE NUMERO 1

"Je n'ai pas le droit d'avoir des émotions avec des enfants"


Si vous avez comme moi soufferts de stigmatisation, de harcèlement, de moqueries, de violence verbales ou physiques dans votre enfance, que ce soit à l'école ou à la maison, vous avez probablement créé une allergie à ces attitudes "Il faut rester zen quoi qu'il arrive" ou à l'inverse une tendance à les excuser "Si tu savais comme j'ai été éduqué !".


Dans les deux cas, nous avons développé une réaction à une douleur, ce qui est tout à fait légitime. Ne nous jugeons pas et tentons de nous comprendre nous-mêmes avec nos propres mots. Tout d'abord, essayons de nommer cette douleur : est-ce du rejet, de l'insécurité, un sentiment d'abandon, une peur tenace que le monde s'écroule, l'impression de disparaitre, une hyper-vigilance que cela ne se reproduise ?


On dit que prendre conscience d'un problème le résout à moitié, je trouve cela juste, et parfois cela demande uniquement de le nommer pour ce qu'il est : "J'ai la hantise de sortir de moi", "J'ai peur du conflit", "Je ne supporte pas les pleurs d'un enfants", "Je ne dois absolument pas frustrer mon enfant", etc...


En vrai, vous avez le droit de faire des erreurs, de vous emporter, d'avoir des paroles déplacées. Le fait d'avoir ces comportements est, en fait, le terreau de votre guérison, de votre développement vers le parent que vous souhaitez être, le parent qui sait prendre le meilleur de ses propres parents, le meilleur de ce qu'i la reçu enfant, tout en corrigeant ce qui ne lui a pas convenu. Et parfois, se mettre en colère est juste, le conflit permet de résoudre un problème une bonne fois pour toute, dire la vérité fait du bien, pleurer libère. Et si vous conservez un lien d'attachement sécure, où l'enfant sait que vous serez toujours là pour lui / elle, si l'amour est là, vous avez le droit d'être pleinement vous-mêmes, avec vos qualités, et vos défauts.


Dans mon exemple, j'ai le droit d'être en colère si un enfant a cassé mon matériel, par contre je me retire la possibilité d'être sévère avec lui. Je sais que je suis capable de ressentir la tristesse derrière cette colère, ce qui me demande de me montrer très vulnérable. Avec ce mélange de tristesse et de colère, je sais que je suis capable d'aller lui expliquer pourquoi ce jeu comptait pour moi et comment j'aimerais résoudre la situation, idéalement en présence de son parent. Et parfois, je vais simplement rire de tout mon drame, et parfois je vais y croire à 100%. Je ne suis pas parfait, et je ne veux pas croire qu'il faudrait être parfait, mais plutôt que je peux m'autoriser à être authentique.


Croyance = Barrière du mental

Authenticité = Ouverture du coeur


Prenez une grande respiration

Prononcez cette croyance "Je n'ai pas le droit d'avoir des émotions avec des enfants"

Ressentez ce que cette croyance vous procure comme émotions

Accueillez ce qui apparait (prenez autant de temps que nécessaire ici)

Enfin, faites-vous un auto-câlin, une parole de bénédiction, une prière, un souhait


Remplacez cette croyance par une nouvelle, par exemple :

"J'accepte de montrer un exemple d'authenticité et de vulnérabilité à mes enfants"



CROYANCE NUMERO 2

"Je n'ai pas le droit à l'erreur"


Une des nombreuses variantes de cette croyance est : "Je peux tout gérer seul-e", "Je suis un super-papa / une super-maman", entre autres croyances produites par un mode éducatif individualisé, alors que de tout temps les enfants ont été élevés par un village.


S'il faut un village, c'est parce que nos talents se complètent (cela inclut les talents de nos enfants), parce que nous sommes tous patients et dédiés à quelque chose de différent, parce que la variété de nos agendas permettent forcément de partager la garde, la surveillance, l'instruction, la scolarité. Mais, bien sûr, nous devons commencer par déconstruire l'idée que la vie doit être une division entre "Metro-boulot-dodo", "Travail-famille-loisir", pour imaginer comment incorporer tout cela ensemble. Cela vous semble difficile ? Peut-être que ça l'est effectivement, ou peut-être manquez-vous d'imagination ? La maman dont je garde l'enfant, par exemple, a pu amener son fils à son travail de costumière. Je n'imagine pas la joie qu'il a eu à voir sa maman au travail, discuter avec ses collègues, traîner dans les coulisses du théâtre. Je me souviens, enfant, que mon père m'amenait dans son bureau, comme c'était incroyable de sentir la moquette toute propre, de voir cette imprimante moderne, de ressentir mon papa fier de moi, et ses collègues si souriants.


S'il faut un village, c'est aussi parce que les humains (homo-sapiens) sont nés pour la coopération et l'entraide. Notre espèce a dû apprendre à coopérer tout simplement parce qu'un bébé demande énormément d'énergie et d'attention à la maman et qu'elle ne peut survivre seule. De nos jours, si le taux de burn-out parental atteint 8%, c'est parce que nous n'avons pas compris cette notion fondamentale d'entraide parental, et parce que notre société et les médias mettent une énorme pression sur les mères pour réussir dans leur carrière, leur parentalité, leur couple, leurs loisirs. C'est une véritable folie !


Alors, une bonne fois pour toute : OUI, vous avez droit à l'erreur. Vous avez le droit de merder, de ne pas savoir, de dire non, d'oublier, d'être incapable, parce que vous avez le droit de demander de l'aide autour de vous, de demander à être relayée, de demander à vos enfants de contribuer, de demande pardon, et même de prier pour qu'enfin on respecte votre droit naturel d'élever votre enfant comme vous le pensez juste.


Prenez une grande respiration

Prononcez cette croyance "Je n'ai pas le droit à l'erreur"

Ressentez ce que cette croyance vous procure comme émotions

Accueillez ce qui apparait (prenez autant de temps que nécessaire ici)

Enfin, faites-vous un auto-câlin, une parole de bénédiction, une prière, un souhait


Remplacez cette croyance par une nouvelle, par exemple :

"Je sais pardonner, demander pardon, et demander de l'aide"



CROYANCES NUMERO 3

"Je ne dois pas reproduire les schémas de mes parent"


"Attention, je vais compter jusqu'à trois" - "Tu vas tomber" - "C'est bien fait pour toi" - "Je te l'avais dit" - "Tu vas pas te remettre à pleurer" - "Ne fais pas des caprices" etc...


Tous ces mots que nous avons entendus, et qu'on dit aussi parfois, en avons-nous vraiment envie ? Et à l'inverse, quel stress pouvons-nous nous mettre à ne pas vouloir les dire ... ?


Dans le livre Feel the fear and do it anyway, best-seller vendu à plus de deux millions d'exemplaires, l'écrivaine Susan Jeffers explique comment sa mère lui projetait son manque de confiance en elle. En lui disant "Fais attention à toi", la petite Susan entendait "Le monde est dangereux et tu ne pourras pas le gérer", en lui disant "Je ne veux pas t'acheter un vélo à deux roues car je t'aime trop, et je en veux pas qu'il t'arrive quelque chose", elle entendait "Tu n'es pas assez compétente pour gérer un vélo à deux roues".


Derrière chacune de ces phrases, anodines au quotidien, Susan a réalisé que sa mère avait la ferme croyance qu'elle ne se sentait pas capable de gérer ce qui pourrait se produire dans sa vie. C'est comme si le monde allait s'écrouler si sa fille tombait ou si elle se perdait une fois à vélo. Ce manque de confiance, raconte-t-elle, existera tant que nous n'arrivons pas le changer et affirmer que "Si, je suis capables de gérer."


Selon mon expérience de vie et mes observations, je pense que le résultat de telles projections sur nos enfants est :

  • Soit ils finiront par s'assurer (inconsciemment) dans leur vie qu'il ne sont pas capables à leur tour, comme ces enfants qui se blessent ou tombent malades chaque semaine,

  • Soit ils chercheront à prouver qu'ils en sont capables, malgré les signes de détresse, de perte de santé, voire de burn-out, qui apparaitront petit à petit dans leur vie.


Comme Susan, nous sommes nombreux-ses à prendre conscience des schémas que nous héritons de nos parents. Nous avons réalisé et vécu la souffrance et les limitations qu'ils ont produits en nous, et faisons tout pour ne pas les transmettre.


Mais il y a un twist !


Savez-vous quels schémas nous allons transmettre, du fait de ne pas vouloir en transmettre ?


D'un grand-parent trop strict ou sévère viendra probablement un parent trop permissif, d'un grand-parent trop jugeant viendra probablement un parent qui relativise tout, d'un grand-parent qui laisse trop d'écrans viendra probablement un parent qui ne tolère aucun écran, et ainsi de suite. Comme disait Freud à un de ses patients : "Quoi que vous fassiez, vous ferez mal". Et c'est un peu la morale de cette croyance : quoi qu'il en soit, vous serez imparfaits, et votre enfant pourra vous faire des reproches. Mais votre enfant pourra aussi vous remercier, vous aimer, vous chérir, suivre votre exemple, avoir envie de vous ressembler. Dans tous les cas, dites-vous qu'un enfant développe son autonomie par attachement, alors laissez-le s'attacher, partagez autant de bons moments que possibles, et foutez-vous la paix de temps en temps. Donnez à votre enfant le meilleur de vous, et laissez-vous être, parfois, le moins bon, sans être trop sévère.


Marshal Rosenberg, fondateur de la communication non-violente (et père de trois enfants) disait ainsi : "Essayer non pas d'être parents parfaits, mais de devenir des parents de mois en moins stupides"


Prenez une grande respiration

Prononcez cette croyance "Je ne dois pas reproduire les schémas de mes parent"

Ressentez ce que cette croyance vous procure comme émotions

Accueillez ce qui apparait (prenez autant de temps que nécessaire ici)

Enfin, faites-vous un auto-câlin, une parole de bénédiction, une prière, un souhait


Remplacez cette croyance par une nouvelle, par exemple :

"Tout moment de tension peut m'aider à m'améliorer et à renforcer mon lien avec mon enfant"


Si vous souhaitez poursuivre ce chemin de parentalité consciente et bienveillante, je vous invite à découvrir notre formation "Deviens le parent que tu rêves d'incarner !"




Nicolas Delarose

Juillet 2026

 
 
 

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