Ce que les peuples du monde peuvent nous apprendre sur l’éducation

Et si certaines choses que nous considérons comme évidentes dans l’éducation ne l’étaient pas tant que ça ? Faire les choses à la place des enfants pour aller plus vite. Leur préparer des activités pour qu’ils ne s’ennuient pas. Leur rappeler plusieurs fois ce qu’ils doivent faire. Séparer le monde des adultes de celui des enfants…
À force d’être habitués à une certaine manière d’éduquer, nous pouvons finir par croire qu’elle est universelle. Pourtant, lorsqu’on observe la manière dont les enfants grandissent dans différentes sociétés à travers le monde, on découvre d’autres façons de faire. Il ne s’agit évidemment pas d’idéaliser certaines cultures ni de chercher la bonne manière d’éduquer. Les pratiques varient énormément d’une société, d’une famille et d’une époque à l’autre. Mais cette diversité peut nous offrir quelque chose de précieux : un miroir pour questionner nos propres habitudes.
Voici trois idées qui peuvent nous inspirer au quotidien.
1) Faites une place à votre enfant :
Plutôt que tout faire pour lui, laissez-le progressivement participer au quotidien. Couper, laver, porter, étendre, forgez son autonomie en lui donnant des responsabilités adaptées, en prenant le temps de lui expliquer.
Presque tous les anthropologues ont constaté que, dans les sociétés autochtones, l'envie des tout-petits d'aider est encouragée. On leur donne des outils, notamment des couteaux tranchants, sous la supervision calme des adultes.
Cette idée peut vous étonner, mais j'en fais l'expérience dans mes activités nature : les enfants sont bel et bien conscient du danger, et sont extrêmement concentré lorsqu'il s'agit de manier des objets nouveaux. Une fois des règles simples acquises, et à condition d'être vigilant à ne pas les déconcentrer, il n'arrive aucun accident.
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2) Construisez votre village :
Vous n'avez pas à tout porter seuls. Faites appel à votre famille, vos amis, vos voisins, ou d'autres parents soucieux du bien-être de vos loulous.
Dans les sociétés traditionnelles de chasseurs-cueilleurs à petite échelle, un enfant est généralement tenu dans les bras, réconforté et soigné par un vaste réseau de 8 à 14 personnes différentes chaque jour. Les enfants âgés de 7 à 14 ans passent jusqu'à 16 % à 20 % de leur temps à tenir et à surveiller des enfants plus jeunes.
Avec ce principe, non seulement vous serez moins fatigués, mais aussi plus disponible pour votre vie personnelle, et vos enfants. Mais pour beaucoup d'entre nous, il reste difficile de trouver des personnes de confiance disponibles autour de nous, pour répondre à cette difficulté, des femmes se rassemblent de plus en plus, comme par exemple le collectif Le Village à Lausanne.
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3) Laissez-les jouer :
Beaucoup de parents s'épuisent à vouloir remplir le temps de leur enfant : cours de sport, atelier, sortie, activité créative, jeu éducatif. Comme si plus il y en avait, plus l'enfant serait épanoui.
Mais un enfant n’a pas besoin que chaque minute de son enfance soit organisée par un adulte. Il a aussi besoin de temps pour inventer, construire, s’ennuyer, négocier avec les autres, essayer, se tromper et recommencer.
Dans certaines sociétés traditionnelles, il a été compté que les enfants passaient en moyenne 8h de leur temps à jouer, chaque jour. De plus, lorsque chez nous les enfants manipulent à 90% des objets manufacturés à l'usage parfois limité, ces enfants pratiquent le jeu libre et auto-dirigé en utilisant des éléments de la nature aux possibilités infinies.
En chiffre : 7 jouets sur 10 ne sont utilisés que pendant à peine huit mois en moyenne. De plus, cette accumulation créé une perturbation : les enfants papillonnent sans jamais s'immerger, changent d'activité en permanence et subissent une forme de saturation cognitive qui limite leur attention.
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4) Soyez toujours du côté de l’enfant :
L’enfant, qui a passé 9 mois dans le ventre de sa mère, a évolué dans un environnement chaud, confortable, protégé, une sorte de petit paradis. En arrivant au monde, il sait que la seule manière d’évoluer, de survivre, est de s’attacher. Et il s’attachera à toutes les personnes qui prendront soin de lui, en premier lieu ses parents.
Dans ce processus qu’on appelle grandir, il aura bien des maladresses, il va sûrement chercher à comprendre quelles sont les limites et il va expérimenter les possibilités grandissantes de son corps et de son esprit, mais il ne le fera pas avec de mauvaises intentions. Dit autrement : son autonomie se construit sur les fondations d’un attachement solide et sécurisant.
Chez les Aborigènes d’Australie, par exemple, les mamans laissent téter leur bébé aussi souvent et longtemps qu’il le demande, et le laissent même jouer avec leur sein. Comme elles ne l’empêchent pas dans ses mouvements, on pourrait dire que l’enfant vit ses premières années sans frustrations. C’est entre autres grâce à cet environnement propice à la coopération et la confiance que ces enfants ne font ni crise, ni opposition, et collaborent volontiers.
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5) Petit à petit :
Les enfants apprennent beaucoup en nous observant. Pour les rendre autonomes, montrons-leur comment nous faisons, laissons-les observer et faire, un peu chaque jour.
Maria Montessori n'a pas inventé les principes de la pédagogie active, pas plus que Célestin Freinet, ce sont des principes éducatifs qui se pratiquent tout autour du monde depuis la nuit des temps. C'est, en quelques sortes, la manière la plus naturelle d'apprendre et de grandir.
Une étude menée auprès de familles mayas du Yucatán, au Mexique, révèle que 89 % des participants interrogés dans la communauté de Nunkiní déclaraient avoir appris à aider à la maison en observant les autres et en prenant l’initiative de participer.
Les enfants apprennent aussi en nous regardant faire, puis en essayant à leur tour.
Montrez-lui. Faites avec lui. Puis laissez-le essayer seul.
Nous aidons les enfants à développer leur autonomie et leur résilience dans nos activités régulières et camps en forêt


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